La carte qui guide l’installation des infirmières et infirmiers libéraux se prépare à faire peau neuve. Près d’un territoire sur dix doit changer de catégorie. Et bonne nouvelle : pour coller au plus près des besoins des patients et aux réalités de la profession, elle sera désormais revue tous les ans.
Le zonage infirmier classe chaque territoire de vie en cinq catégories, de la zone très sous-dotée à la zone sur-dotée. Le principe est simple : l’offre de soins infirmiers est-elle à la hauteur des besoins de la population, comparée aux autres territoires ? Ce classement n’a rien d’abstrait. Il conditionne l’accès au conventionnement, les aides financières et les éventuelles règles à respecter pour s’installer.
Quatre zones, quatre réalités :
- Zones très sous-dotées : ouvrent l’accès à des contrats incitatifs de l’Assurance maladie pour soutenir l’installation ou consolider son activité en contrepartie d’engagements ;
- Zones intermédiaires et très dotée : installation libre ;
- Zones sur-dotées : dans ces dernières une nouvelle installation conventionnée n’est possible qu’en cas de départ définitif ou de cessation d’activité d’une ou d’un autre Idel du territoire.
La nouvelle carte en train d’être établie se base sur des données actualisées transmises par l’Assurance maladie à la FNI, le 18 septembre, puis aux Agences régionales de santé le 26 septembre. Des échanges vont s’ouvrir dans chaque région avant l’adoption de la carte définitive. La FNI, à travers ses représentants locaux, y portera naturellement la voix du terrain.
Grande nouveauté, la carte ne restera plus figée, pendant des années, comme c’était le cas jusqu’à présent. Revue chaque année, elle suivra la vie des territoires : évolution de la population, collègues qui s’installent ou partent à la retraite.
Sur 2 901 territoires identifiés, hors Mayotte, et avant les ajustements locaux attendus, la première version de la nouvelle carte du zonage comporte 268 changements de catégorie, qui représentent environ 4,5 millions d’habitants. Les zones sur-dotées sont un peu moins nombreuses par rapport à la version précédente, et une vingtaine de territoires de plus rejoignent les zones où l’accès aux soins infirmiers est le plus fragile. Les changements sont les plus nombreux en Auvergne-Rhône-Alpes et en Nouvelle-Aquitaine. Rapportés au nombre de territoires, ils sont notamment marqués en Pays de la Loire, en Bourgogne-Franche-Comté, en Bretagne et en Centre-Val de Loire. Ils reflètent à la fois les effets des départs en retraite, les choix géographiques des collègues, mais aussi les changements de mode d’exercice.
Ces évolutions le rappellent : donner envie d’exercer en libéral reste essentiel pour préserver des soins infirmiers de proximité.
À l’approche du PLFSS 2027, la FNI appelle les pouvoirs publics à donner aux infirmières et infirmiers libéraux les moyens de rester présents partout, auprès de chacun.




