La hausse du carburant reprend et s’accélère. Des prix historiques qui plombent les charges et donc le revenu des infirmières et infirmiers libéraux. Face à un gouvernement défavorable aux aides, la FNI veut agir pour assurer les arrières de la profession. Explications.
Porté par l’enlisement de la crise au Moyen-Orient et le blocage des routes pétrolières stratégiques, le SP95-E10 atteignait, le 16 septembre, 2,14 € le litre en moyenne en début de semaine et le gazole autour de 2,33 €. Les dépenses de carburant, nécessaires aux tournées à domicile, plombent les charges et les revenus des IDEL, alors que la poursuite de la hausse des prix à la pompe est appelée à se poursuivre. Et si le spectre d’un un litre à 3 euros est écarté dans les prochaines semaines, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), interrogé lundi sur RMC, estime que si le conflit venait à se prolonger, « plus rien n’est invraisemblable ».
Aujourd’hui, alors que la crise s’enlise, le Premier Ministre a fermé la porte à toute mesure d’aide nouvelle et à toute mesure de défiscalisation du carburant pour les soignants et les acteurs du domicile.
Seule l’aide « grands rouleurs » prolongée jusqu’au 31 décembre (100 € pour un revenu fiscal de référence inférieur à 16 880 € par part), peut concerner les IDEL, mais il s’agit d’un un forfait ponctuel, loin de suivre l’évolution réelle du prix à la pompe, et qui ne répond pas à la problématique des IDEL. A ce stade, le gouvernement, qui cherche à boucler le budget 2026 et à construire celui de 2027, privilégie les soutiens ciblés aux plus modestes.
Pour la FNI, cette situation est inacceptable et le syndicat veut agir en instaurant un mécanisme pérenne. Objectif : qu’une flambée à la pompe ne réduise plus mécaniquement la rémunération réelle des soins à domicile. Le syndicat veut inscrire dans le PLFSS 2027 un stabilisateur économique qui ajusterait automatiquement la prise en charge conventionnelle des déplacements dès qu’une flambée du carburant survient, sans attendre le délai de six mois qui encadre aujourd’hui l’entrée en vigueur des revalorisations conventionnelles classiques.
Le message que porte la FNI est simple : le carburant peut s’envoler, la rémunération des soins à domicile ne doit pas s’effondrer avec lui.





