Après les deux épisodes de canicule survenus depuis le mois de juin, les pouvoirs publics tournent en rond et les experts produisent toujours plus de raports pour recycler des dispositifs déjà existants. Et pendant que le temps passe, que les patients vulnérables souffrent et meurent, toujours aucune réponse opérationnelle pour le domicile.
Les personnes âgées, isolées et fragiles sont les premières à payer le prix des vagues de chaleur. Pourtant le rapport « Alternatives et aval des urgences » n’apporte aucune réponse nouvelle pour éviter les décompensations à domicile. Pour la FNI, ce silence en dit long sur le caractère largement cosmétique de l’action gouvernementale en l’absence de volonté politique.
Des dispositifs déjà anciens
Le rapport rappelle que les infirmiers libéraux peuvent être mobilisés par le SAMU-SAS pour intervenir au domicile, surveiller les constantes ou réaliser certains soins. Il évoque aussi la création d’une fonction d’infirmier correspondant du Samu, après une formation spécifique. Rien de neuf sous le soleil : ces dispositifs figuraient déjà dans les travaux menés par François Braun, et ont depuis donné lieu à un référentiel et à des expérimentations régionales.
Le tout-établissement, encore et toujours
L’essentiel des recommandations vise d’ailleurs les établissements : création d’une mention « gériatrie » pour les infirmiers en pratique avancée, déploiement d’IPA en EHPAD, renforcement des équipes hospitalières et pré-hospitalières.
Le domicile, angle mort
Le domicile, lui, reste sans organisation préventive digne de ce nom en cas de canicule. Or chaque heure compte : une déshydratation, l’aggravation d’une maladie chronique ou une rupture de traitement peuvent faire basculer une situation vers l’hospitalisation en quelques heures. Et plus encore lorsqu’on sait que ces canicules surviennent en été, période de congés pour les soignants hospitaliers comme libéraux, et notamment pour les médecins généralistes, déjà trop peu nombreux et insuffisamment disponibles.
Un décret utile, mais inachevé
Un décret du 3 juillet 2026 a pourtant modernisé le registre communal des personnes vulnérables, comme l’avait demandé la FNI. Il prévoit désormais le repérage de la perte d’autonomie, la lutte contre l’isolement, et la collecte d’informations sur les conditions de vie et de rafraîchissement du logement. Mais le gouvernement s’est arrêté en cours de route. D’autres mesures sont nécessaires, la FNI les réclame :
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une instruction nationale intégrant les IDEL dans l’activation des registres communaux lors des épisodes caniculaires ;
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un protocole sécurisé pour transmettre les informations utiles aux infirmiers, garantir la traçabilité des interventions, et informer les maires, les CCAS et les médecins traitants ;
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une reconnaissance conventionnelle et financière de cette mission d’aller-vers à domicile.
Une décision politique, pas des outils
Les outils juridiques existent. Ce qui manque, c’est une décision politique claire pour permettre aux infirmiers libéraux d’aller vers les personnes les plus fragiles, avant qu’elles ne basculent vers l’urgence ou l’hospitalisation, s’exaspère la FNI.
Il est temps de sortir des annonces et d’utiliser pleinement les registres communaux : c’est ainsi qu’on évitera des déshydratations graves, des hospitalisations évitables, et qu’on protégera les personnes vulnérables chez elles.
La FNI prépare la suite
Mais déjà, la FNI veut préparer les prochaines étapes. Le syndicat souhaite collecter votre expérience personnelle, la manière dont vous avez vécu et vivez encore ces épisodes de canicule, vos difficultés, les solutions que vous avez mises en œuvre, et vos propositions. Vos réponses permettront à la FNI d’engager le dialogue avec ce gouvernement — et sans doute le prochain —, preuves à l’appui, sur les dysfonctionnements des canicules 2026, pour enfin anticiper et organiser.
Lien enquête : https://com.fni.fr/t/idel-2026




