Décès à domicile en forte hausse, services de secours mobilisés sur les feux de forêt, populations déplacées : face à une double crise sanitaire inédite, la FNI demande à la CNAM et au ministère de la Santé des mesures dérogatoires, sur le modèle de la crise Covid, pour permettre aux IDEL d'agir.
Le constat dressé par Santé publique France le 4 juillet est sans appel : la mortalité a bondi de près de 30 % lors de la semaine du 22 juin, sommet d’une canicule exceptionnelle de dix jours. Plus alarmant encore : les décès à domicile ont augmenté de 91 % en une semaine. C’est la différence majeure avec 2003, dont les victimes se trouvaient principalement en Ehpad. Depuis, des dispositifs ont été déployés en établissement, mais rien n’a été anticipé pour le domicile, dont les pouvoirs publics ont pourtant fait le premier lieu de soins.
La situation est particulièrement grave dans les départements, désormais nombreux, touchés par les incendies de forêt. Mobilisés sur les feux, les services de secours n’assurent plus les transports de patients vers les urgences : les infirmiers libéraux se retrouvent seuls en première ligne. Dans les zones de feu, les déplacements de population imposent en outre une réorganisation complète des soins à domicile.
Face à cette double crise, la FNI a demandé à la CNAM et au ministère de la Santé la mise en place de mesures dérogatoires, à l’instar de qui avait été fait pour la crise Covid, pour permettre aux IDEL d’agir, et notamment autoriser les remplaçants à prêter main-forte aux titulaires.
La FNI estime que la publication du décret du 3 juillet 2026 relatif au registre communal constitue une opportunité immédiate pour renforcer la protection des personnes les plus vulnérables à domicile. Elle demande au Gouvernement de mobiliser sans délai cet outil en intégrant explicitement les infirmiers libéraux dans la chaîne d’alerte territoriale lors des épisodes de vigilance, grâce à une instruction nationale, un protocole de partage d’informations avec les maires, les CCAS et les médecins traitants, ainsi qu’à une reconnaissance conventionnelle de cette mission d’« aller-vers » auprès des personnes fragiles.



