Aide à mourir : les infirmiers seuls face à l’acte terminal ?

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Dans le cadre des débats sur l’aide à mourir, une évolution du texte ferait peser sur les seuls infirmiers la charge de l’acte terminal. La décision aux médecins, l’administration aux infirmiers ? Hors de question pour la FNI.

Un amendement adopté en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir retire aux médecins la possibilité d’administrer la substance létale lorsqu’une personne n’a plus la capacité de se l’administrer elle-même. Une évolution que ses auteurs justifient notamment par la volonté d’éviter que les médecins ne «  violent le serment d’Hippocrate ».

Concrètement, les médecins conserveraient la réception de la demande, l’évaluation des critères d’éligibilité, la décision et la prescription, tandis que l’administration de la substance reposerait exclusivement sur les infirmières et infirmiers. Pour la FNI, ce dispositif crée un déséquilibre majeur en faisant peser sur les seuls soignants de proximité la charge humaine, éthique et psychologique de l’acte terminal. Bonjour la collégialité !

Au domicile, les infirmiers pourraient être amenés à organiser l’intervention, accompagner le patient, vérifier l’absence de pression extérieure, administrer eux-mêmes la substance létale et assumer l’ensemble des formalités qui en découlent. Une responsabilité particulièrement lourde, assortie de risques psychosociaux, juridiques et relationnels importants.

« La profession infirmière n’a pas vocation à devenir la variable d’ajustement éthique et organisationnelle du dispositif », explique la FNI.

La FNI demande le rétablissement de la rédaction initiale permettant une administration par un médecin ou un infirmier lorsque l’auto-administration est impossible. Elle réclame également des garanties effectives concernant la clause de conscience, la formation, l’accompagnement psychologique, la sécurité juridique et la couverture assurantielle des professionnels concernés.

Pour la Fédération, il est hors de question d’accepter une dissociation entre la décision médicale et l’exécution infirmière dans la mise en œuvre du droit à mourir. Si le législateur choisit de créer un tel droit, il doit garantir une responsabilité réellement partagée entre médecins et infirmiers. Nul doute que le syndicat sera rapidement rejoint par d’autres dans ce combat qui appelle l’union de toute la profession.

Un dispositif aussi sensible ne peut être construit sans les infirmières et infirmiers, et encore moins contre eux.

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