Consultation infirmière, nouvelles compétences, autonomie renforcée : la profession dispose désormais de leviers historiques. Reste maintenant à imposer leur application concrète malgré un calendrier gouvernemental beaucoup trop lent.
La loi infirmière marque un tournant majeur pour la profession. Consultation infirmière, élargissement des compétences, reconnaissance renforcée de l’autonomie professionnelle : les avancées obtenues ouvrent de nouvelles perspectives pour les infirmières et infirmiers libéraux et consacrent enfin leur rôle central dans l’organisation des soins. Mais une loi, aussi importante soit-elle, ne transforme pas à elle seule la réalité du terrain. Le véritable pouvoir d’agir des IDEL commence maintenant : investir pleinement ces nouvelles missions, faire reconnaître leur expertise clinique, démontrer leur capacité à prendre en charge davantage de patients et assumer une place plus stratégique dans le parcours de soins.
Cette dynamique devait impérativement trouver une traduction conventionnelle. C’est tout l’enjeu de l’avenant n°11 signé entre l’Assurance Maladie et les syndicats représentatifs, dont la FNI. Avec plus de 500 millions d’euros investis dans l’exercice infirmier libéral, cet accord constitue une avancée majeure pour la profession. Revalorisation des actes, nouvelles consultations, reconnaissance de nouvelles prises en charge, évolution des modalités d’exercice : autant de mesures attendues depuis longtemps pour accompagner concrètement les évolutions issues de la loi infirmière et de ses textes d’application.
Pour autant, la FNI regrette un calendrier de mise en œuvre beaucoup trop lent. Les nouvelles cotations et les revalorisations tarifaires n’entreront en vigueur que progressivement à partir de la fin de l’année et s’étaleront sur deux ans. Un rythme imposé par le Gouvernement et l’Assurance Maladie au nom des contraintes budgétaires et de la maîtrise de l’ONDAM. La FNI a dénoncé ce décalage entre l’urgence vécue sur le terrain et le tempo administratif retenu par les pouvoirs publics.
Mais face au risque de voir cette enveloppe budgétaire de 500 millions d’euros remise en cause ou redirigée vers d’autres priorités, il était indispensable de sécuriser ces financements pour les IDEL. Cet avenant constitue donc une étape essentielle. À nous désormais de nous emparer pleinement de ces nouvelles prérogatives pour faire progresser la profession et renforcer encore la place des IDEL dans le système de santé.




